Le Muirapuama est un petit arbre natif de l’Amazonie qui peut atteindre 5m
de hauteur. Ses fleurs blanches exhalent un fort parfum de jasmin. Les
racines sont fortes et résistantes et de couleur jaunâtre. Le Muirapuama
pousse dans toute la région amazonienne, sur la terre ferme, de
préférence sur des sols sableux et argileux, riches en matières
organiques.
Le genre Ptychopetalum est peu étendu – seulement deux espèces de
petits arbres en Amérique du Sud tropicale et cinq en Afrique tropicale.
Les deux variétés sud-américaines, P. olacoides (Brésil, Guyane, Guyana
et Surinam) et P. uncinatum (Brésil), sont utilisées de façon
interchangeable dans les phytothérapies locales. Cependant, la variété
olacoides est généralement préférée pour sa haute teneur en lupeol (un
des principes actifs de la plante).
Utilisations traditionnelles
Historiquement, toutes les parties du Muirapuama ont été utilisées à des
fins médicinales mais les racines constituent la partie la plus utilisée.
Les peuples amazoniens utilisent les tiges et racines de jeunes plantes
comme tonique pour traiter les troubles neuromusculaires; une décoction
des racines est utilisée en bains et massages pour les paralysies et le
béribéri; et un thé d'écorce et de racine est consommé en cas de
déficience sexuelle, rhumatismes, grippe et les asthénies (cardiaques et
gastro-intestinales). La plante sert aussi à prévenir la calvitie.
En phytothérapie brésilienne, le Muirapuama est toujours hautement
considéré pour ses propriétés de stimulant sexuel, avec la réputation
d'être un puissant aphrodisiaque.
Il fait partie de la pharmacopée brésilienne depuis les années 1950. Il est
utilisé comme tonique neuromusculaire pour les faiblesses et paralysies, la
dyspepsie, les troubles menstruels, les rhumatismes chroniques
(application locale), l'impuissance sexuelle et les troubles du système
nerveux central.
Il est aussi utilisé en Europe pour traiter l'impuissance, la stérilité, les
douleurs nerveuses, les troubles menstruels et la dysenterie.
Utilisations actuelles et principes actifs
L’espèce Ptychopetalum olacoides est étudiée depuis les années 1920.
Les premiers chercheurs ont découvert que l'écorce et la racine étaient
riches en acides gras et esters d'acides gras (le principal étant l'acide
béhénique), huiles essentielles (dont betacaryophyllène et alpha-
humulène), stérols, triterpènes (dont le lupeol), et un nouvel alcaloïde
qu'ils nommèrent muirapuamine.
Ces études indiquèrent que les principes actifs incluaient aussi des acides
gras libres à longue chaîne, des sesquiterpènes, des monoterpènes et
des alcaloïdes originaux.
Dans l'une de ces premières études, les chercheurs indiquèrent que le
Muirapuama était efficace pour traiter les troubles du système nerveux et
l'impuissance sexuelle, et qu'un effet durable est produit sur l'ataxie
locomotrice, les névralgies de longue durée, les rhumatismes
chroniques.
L'intérêt de traiter l'impuissance avec le Muirapuama a été étudié
en France dans deux tests sur des humains, qui ont démontré la capacité
du Muirapuama à améliorer la libido et la capacité érectile :
- A l’institut de Sexologie à Paris, une étude clinique sur 262 patients
masculins souffrant de manque de désir et de l’impossibilité d’atteindre ou
de maintenir une érection, a démontré l’efficacité de cette plante : 62%
des patients ont fait état d’un effet dynamisant et 51% d’améliorations de
la capacité érectile.
- Une autre étude a évalué les bienfaits psychologiques du Muirapuama
sur 100 hommes souffrant de faiblesse sexuelle. Le dosage thérapeutique
était de 1,5g d'extrait de muirapuama par jour. Dans leur rapport final, les
chercheurs ont indiqué que le Muirapuama pouvait "augmenter la libido
(85% du groupe testé), augmenter la fréquence des rapports (100% du
groupe testé) et améliorer la capacité à maintenir une érection (90% du
groupe testé)".
Cependant, avant de se lancer dans l'automédication, les hommes
devraient toujours rechercher l'avis d'un spécialiste s'ils souffrent de
dysfonctionnements érectiles ou d'impuissance car cela peut être le
premier signe d'une insuffisance vasculaire et/ou d'un problème
cardiaque.
Dans une autre recherche clinique récente, les extraits de Muirapuama
ont démontré des effets adaptogènes, antifatigue, anti-stress et des effets
bénéfiques sur le système nerveux central.
La racine a montré aussi une capacité à inhiber les ulcères dus au stress,
alors que la feuille a révélé un effet analgésique.
Un brevet U.S. a été déposé sur le Muirapuama, disant qu'il pouvait
"réduire le pourcentage de graisse dans le corps, augmenter la masse
musculaire sèche et abaisser les taux de cholestérol" sur des humains et
des animaux sur du long terme et sans toxicité reportée.
Les dernières recherches confirment l'usage traditionnel du Muirapuama
pour les troubles nerveux et de la mémoire.
Des chercheurs brésiliens ont rapporté en 2003 qu'un extrait alcoolique de
Muirapuama facilitait la récupération de la mémoire et en ont conclu que
cela pouvait être favorable aux patients souffrant d'Alzheimer. Leur étude
suivante, publiée en 2004, a rapporté qu'un extrait alcoolique de
Muirapuama protégeait et augmentait la viabilité des cellules cérébrales
(en partie grâce à un effet antioxydant), ce qui pouvait être utile pour les
victimes d'attaques d'apoplexie. Souvent, ces effets sont constatés après
3 semaines à un mois de traitement.